Gérer l’absentéisme au bureau

Gérer l’absentéisme au bureau

Absenteisme L’absentéisme concerne de nombreuses entreprises à un moment ou un autre de leur développement. Les conditions de travail jouent un rôle souvent méconnu dans le processus qui conduit un salarié à s’absenter. Un travail sous fortes contraintes de temps, des horaires décalés, une organisation du travail inadaptée, un manque de reconnaissance ou encore des carences dans le dialogue entre l’encadrement et les salariés peuvent être des facteurs déclencheurs de l’absence. Il faut prendre conscience de ces facteurs qui sont souvent spécifiques à l’entreprise. Pour faire face à ce problème récurrent, une politique de petits pas est préférable à des actions spectaculaires mais peu suivies dans le temps. Il est primordial de faire en sorte que l’absentéisme devienne un objet commun de préoccupation entre les acteurs de l’entreprise.

Prendre conscience et mesurer le problème

Mesurer convenablement l’absentéisme, c’est commencer à le comprendre. Chiffrez-le par équipe, par tranche d’âge, par métier, par catégorie professionnelle… de manières à refléter le plus objectivement la situation de votre entreprise. Cette mesure du problème doit permettre de mieux comprendre les mécanismes de l’absentéisme dans votre entreprise afin de pouvoir agir de façon ciblée. Au-delà de chiffres quantifiables, il est nécessaire de comprendre que l’absentéisme est moins lié aux gens, à leur âge, leur état de santé, qu’à l’histoire de l’entreprise et à son métier. Il faut en avoir conscience si l’on veut vraiment réduire le problème.

Identifier les causes de l’absentéisme

Un absentéisme élevé révèle souvent un dysfonctionnement profond de l’organisation. Pour lutter contre celui-ci, il est important d’en cerner les causes. Du congé maladie à l’absence injustifiée en passant par l’accident du travail, elles sont multiples et diverses. Toutefois au sein de toutes ces causes d’absence, la mauvaise santé du personnel occupe une place prépondérante. Selon la CNAM l’exigence d’un travail haute performance, par le stress qu’elle génère, est à l’origine de 10% des arrêts de travail. Tout d’abord, ce sont les collaborateurs qui utilisent l’absence à des fins personnelles dans un contexte où le management laisse faire. Conséquences, les meilleurs éléments ne s’investissent plus et la démotivation gagne du terrain, avec à la clé les départs des salariés les plus impliqués dans la progression de l’entreprise. Ensuite, il n’est pas possible d’occulter le lien qui existe entre conditions de travail et santé. Certains allants même jusqu’à considérer que la bonne condition physique des travailleurs réduit leurs absentéismes. Salle de gym, cours de yoga ou coach de remise en forme investissent progressivement certaines entreprises. Aussi l’absentéisme peut être une réaction de défense du personnel dans un service au climat social dégradé. Alors que la moyenne nationale est inférieure de 5%, dans certaines firmes, il représente jusqu’à 15% du personnel. Pour autant cerner la cause d’une absence, n’est pas en trouver la raison. Le classement des absences selon leurs natures, ne suffit pas. Pour identifier l’origine de l’absence, il faut mener une analyse sectorielle au niveau des services ou des équipes. Les écarts entre les différents secteurs de l’entreprise établissent le symptôme d’un absentéisme anormal. Il reste à mener l’enquête pour mettre à jour l’origine exacte de ces absences.

Prévenir plutôt que guérir

Les responsables des ressources humaines doivent impliquer les comités d’entreprise (CE), d’hygiène et de sécurité (CHSCT), voire les syndicats, pour tout ce qui est amélioration de la santé sur le lieu de travail. Voici quelques pistes d’amélioration en fonction du secteur d’activité de l’entreprise : – Dans l’industrie, et même dans les services dont l’organisation est fortement taylorisée, le travail posté et les gestes répétitifs font émerger de nouveaux risques pour la santé, d’autant que la réduction du temps de travail augmente les cadences. – Le stress lui-même aggrave le nombre de TMS (troubles musculo-squelettiques). Les caisses d’assurance maladie militent pour plus d’actions préventives dans des secteurs très touchés, tels que l’agroalimentaire, où les personnes en charge de tâches comme le découpage de la viande sont particulièrement exposées. – Dans un autre domaine, faire vacciner son personnel pour éradiquer le risque d’arrêts maladie liés à la grippe peut être une bonne idée. Surtout quand sont concentrés dans des locaux souvent climatisés un grand nombre de salariés. En France, la grippe coûte chaque année à la collectivité environ 800 millions d’euros, dont la moitié pour financer les arrêts de travail.

Mettre en place des actions

La lutte contre l’absentéisme passe parfois par des solutions inattendues et parfois faciles, tout en empruntant aussi des thérapeutiques complexes, tel le recrutement de personnel qualifié sur un bassin d’emploi déserté par les collaborateurs compétents. En matière d’absentéisme, il faut privilégier l’origine réelle et non la cause apparente. A défaut le traitement peut aggraver le mal qu’il est sensé soigner. Le taux d’absentéisme est un indicateur climatique, qui plante ses sondes dans la pénibilité du travail ou le climat social. Contrairement à une idée reçue, et très répandue dans les années 80, la lutte contre l’absentéisme ne passe pas exclusivement par la répression. La réduction de l’absentéisme vers un chiffre incompressible permet souvent de dépasser le seuil constitué par la somme des absences légitimes. Une approche disciplinaire de l’absence est, de ce fait, réductrice, voire risquée. Comme dans bien d’autres domaines, la lutte contre l’absentéisme passe d’abord par la prévention. Néanmoins voici quelques actions à mettre en place pour éviter l’absentéisme : Revoir les conditions de travail On l’a vu, l’absentéisme relève bien souvent d’un problème de stress au travail. Il faut donc parvenir à trouver un juste équilibre avec le salarié que ce soit au niveau de ses missions autant qu’à celui de l’ergonomie du poste. Certains changements permettent également de rassurer le salarié et à le redynamiser. Mieux gérer les carrières Autre point clé à travailler : offrir de la reconnaissance, des formations, des perspectives d’évolution de carrière afin d’inclure les salariés dans le projet de l’entreprise et donc de (re)motivier les équipes. Manier avec soin les entretiens de retour après maladie Si le supérieur hiérarchique chargé de l’entretien de retour n’est pas formé correctement, cet entretien sera une  » mesurette  » de plus qui ne sert à rien. Cet entretien ne doit pas être culpabilisant, ni discriminatoire comme cela arrive trop souvent. Il doit au contraire être l’occasion de ré-accueillir la personne et être effectué avec tout le monde, pas seulement à la tête du client.

Attention aux pratiques contre-productives

Eviter le réflexe « contre-visite médicale » Les contre-visites médicales, réflexe assez fréquent de l’employeur, n’ont pas d’impact véritable sur le taux d’absentéisme et coûtent cher à l’entreprise. C’est même la méthode la moins efficace de lutte contre l’absentéisme d’après les DRH que nous avons interrogé dans notre baromètre. Elles peuvent en outre avoir un effet contreproductif : on culpabilise le salarié, on donne une image répressive de l’employeur… Proscrire la prime à la présence La prime de présentéisme ou d’assiduité mise en place par certaines directions peut avoir dans l’immédiat un effet bénéfique mais elle est également souvent génératrice d’effets pervers. D’abord un salarié peu absent peut vite perdre le bénéfice de la prime et décider de s’absenter encore plus. Ensuite il se peut que l’absentéisme diminue mais que le nombre d’accidents du travail augmente. L’absentéisme en entreprise n’est pas une fatalité. Différents moyens sont à la disposition des responsables d’entreprises et des salariés afin de le corriger et de le prévenir. Corriger l’absentéisme passe par des mesures simples : rappel des règles, développement de certains outils managériaux renforçant le dialogue entre le personnel et l’encadrement, entretien de retour équilibré, travail avec les acteurs de l’entreprise. Dans certains cas, l’absentéisme revêt une ampleur durable et il devient nécessaire de le prévenir par des actions plus étoffées. Il est alors utile de se pencher sur les facteurs qui conditionnent la présence des salariés dans l’entreprise : organisation du travail, implication et engagement, existence de trajectoires professionnelles valorisantes, conciliation entre la vie familiale et la vie professionnelle, etc. Dans tous les cas, l’efficacité des actions est mieux servie par des démarches de mobilisation adéquates. Informer le personnel, construire un meilleur dialogue social, analyser les situations, partager le diagnostic, etc. sont des préalables pour diminuer l’absentéisme.

Quels sont les moyens mis en œuvre pour lutter contre l’absentéisme dans votre entreprise ?

 


En savoir plus : Comment soigner l’absentéisme – Article l’Express Entreprise Téléchargez le guide « L’absentéisme – Outils et méthodes pour agir » par l’ANACT